Conférence Front National à Besançon : « L’École, un enjeu pour toute une nation »

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Notre fédération a eu le plaisir d’accueillir jeudi soir à Besançon Alain Avello, président du collectif Racine, Secrétaire départemental de Loire-Atlantique et conseiller régional des Pays de la Loire, pour une conférence sur l’École en présence de Sophie Montel et de Robert Sennerich.
Beaucoup de participants intéressés et des échanges constructifs autour de ce sujet fondamental. Une antenne départementale du collectif sera ainsi créée prochainement.

Le collectif Racine a fait un gros travail de réflexion depuis sa création et a remis cent propositions à notre Présidente qui ont été présentées lors de la convention présidentielle sur l’École en septembre dernier. Le projet présidentiel de Marine, qui sera entièrement présenté aux assises de Lyon les 4 et 5 février, s’appuiera sur ces propositions.

Alain Avello a dressé les causes de l’échec du système scolaire français actuel. Ce sont d’abord l’égalitarisme et le pédagogisme, idéologies héritées de la pensée 68. Le pédagogisme consiste à placer l’élève au centre du système comme référent de la culture commune. Par exemple, en zone sensible, la culture commune, c’est parfois le rap. Hors l’analyse du rap, ce n’est pas celle de la littérature. Avec ce principe, l’élève devient la référence de ce qu’il y a à savoir.
Concernant l’égalitarisme, les principes d’égalité et d’équité républicaines ont été reniés. Cela s’est traduit par un nivellement par le bas. En bafouant les principes de la République, l’égalitarisme et le pédagogisme ont rendu l’École très inégalitaire. Ce sont les enfants issus des milieux défavorisés qui en subissent les conséquences. Pourtant, ce sont eux qui auraient tout à attendre de l’École.
L’autre cause de l’échec, c’est le reniement de notre souveraineté éducative par nos élites, converties aux dogmes ultra-libéraux dans tous les domaines – celui de l’éducation inclus. Le système éducatif actuel souffre notamment d’un trop-plein d’autonomie offerte aux établissements.

François Fillon – qui fut ministre de l’Éducation – a contribué au déclin de cette dernière avec sa loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école de 2005, simple traduction des politiques de l’Union Européenne en politique scolaire nationale. La loi Fillon, c’est le socle commun de compétences et de connaissances. C’est au titre de cette loi que l’on a combiné les matières entre elles. Ce principe, qui aurait pu être une bonne chose au premier abord, s’est, en pratique, traduit une fois encore par la baisse des savoirs et le nivellement par le bas. La loi Fillon, c’est aussi la vénération du tout-numérique. Les technologies sont des moyens, mais pas une fin en soi ! La loi Fillon, c’est enfin la conversion à l’Anglais comme langue de référence.

Notre candidate a exprimé sa volonté de recentrer le système éducatif sur la transmission des savoirs fondamentaux au détriment d’activités dites « gadgets ». Plus aucun enfant ne doit sortir de l’école primaire sans savoir lire, écrire et compter. Le mode d’apprentissage syllabique de la lecture doit être à nouveau la règle. Les autres modes d’apprentissage ne seront pas tolérés.
Il est nécessaire d’en finir avec le collège unique qui a mis certains enfants dans l’impasse : ceux qui se seraient réalisés dans la voie professionnelle. Il faut qu’à 14 ans, un enfant puisse s’acheminer vers la voie de l’apprentissage. Cela n’empêche pas de disposer d’un système de passerelles ouvertes avec la voie classique. Il est simple de redynamiser la voie professionnelle : elle souffre d’abord d’un déficit d’image qu’il faut combler. Mettons en place des procédés symboliques qui ne coûtent pas grand-chose : créons des grandes écoles des métiers !
Il faudra également revoir en profondeur la voie générale au Lycée. Les filières scientifiques et littéraires doivent être rehaussées, avec pour cette dernière davantage de langues anciennes. Le baccalauréat est profondément dévalorisé, car on a voulu le donner au plus grand nombre au détriment d’un niveau soutenu, il n’a plus de valeur.
Associé à l’absence de sélection généralisée pour entrer à l’Université, le résultat est que 52 % des étudiants en 1è année de fac sont recalés ! Marine souhaite réintroduire une sélection juste par le mérite et non pas par tirage au sort – sélection qui va être légalisée prochainement pour les filières trop demandées. Enfin, il faut informer les élèves des débouchés réels de chaque filière et ne plus les illusionner avec des filières universitaires sans débouchés.