Julien Acard invité au JT 12/13 de France 3 Franche-Comté (05/04/2017)

Invité du JT 12/13 de France 3 Franche-Comté, Julien Acard, Conseiller régional Les Patriotes-Front National de Bourgogne Franche-Comté, revenait sur le grand débat présidentielle BFMTV-CNews entre les 11 candidats, l’instrumentalisation judiciaire dont est victime le Front National et sa candidature aux législatives pour la 2ème circonscription du Doubs.

France Inter : « La gauche dans le viseur du Front national »

Dans son émission « Secrets d’info » du samedi 4 mars, France Inter, via une enquête de Philippe Reltien menée en partie dans le Doubs, explore les stratégies du Front national pour séduire l’électorat de gauche.

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Ci-dessous les paragraphes concernant deux intervenants de notre fédération : Sophie Montel et Jérémy Navion.

Sur les plates-bandes de la gauche

« C’est parce que la gauche ne répond plus à cette crainte du déclassement que le Front National a pu reprendre une partie de son discours. Notamment sur la santé. Sophie Montel, élue Front National de la région de Bourgogne/Franche-Comté et députée européenne, explique par exemple comment les propositions de François Fillon sur la sécurité sociale ont offert à son parti la possibilité d’une riposte du Front National : « Dès que nous avons eu connaissance du résultat de la primaire, le programme de Fillon a été décortiqué. Quand un candidat veut casser le modèle de la sécurité sociale, il est tout à fait logique que l’on fasse part de nos propositions et que l’on démonte notre adversaire politique, c’est le jeu. Ça s’adresse à l’électorat populaire, aux classes moyennes, aux gens qui peuvent avoir des difficultés à payer leurs soins médicaux si demain François Fillon l’emporte ».

Ce soudain intérêt du Front National pour la santé s’est traduit par la création d’un « collectif santé », auquel participent des adhérents et des professionnels de la santé. On y traite toutes sortes de sujets :

les déserts médicaux,
l’augmentation des effectifs dans les hôpitaux,
la baisse des prix des médicaments,
la fraude à la carte vitale.

Et des réponses sont formulées dans le but de rassurer les moins fortunés. Sophie Montel explique le fonctionnement de ces réunions : « Les invitations se font sur le fichier des adhérents, on a de tout : des usagers mais aussi des professionnels de santé, des professions libérales, des chirurgiens-dentistes, des médecins, des chirurgiens, des infirmières. Les adhérents sont libres d’inviter des amis, des chaines se mettent en place. Ce seront pour la plupart des électeurs de Marine Le Pen à ces élections présidentielles ». L’objectif est clair : recruter de futurs électeurs. Mais les adhérents du Front national ne s’arrêtent pas à ces rassemblements, ils sont aussi présents sur le terrain et distribuent des tracts. Par exemple, cette fausse Carte Vitale grande comme une feuille A4 sur laquelle on peut lire : « Fillon va vous rendre malade » et au verso « Avec Marine protégeons à 100% la santé des français ».

Le FN se verdit

Pour le jeune Jeremy Navion, (22 ans) étudiant en informatique à Besançon, tout est allé très vite. Chef des réseaux sociaux et responsable du fichier adhérent, il est devenu responsable du site FN du Doubs. Il consacre tout son temps libre à la campagne de Marine Le Pen.

Léonie Cugnot et Jeremy Navion, militants FN © Radio France / P.Reltien

Il travaille aussi à élargir le socle électoral de son parti en visant de nouveaux électeurs, y compris des écologistes. C’est là encore le résultat d’une analyse politique très pragmatique : Nicolas Hulot a jeté l’éponge, Yannick Jadot se ralliant à Benoît Hamon, il ne sera pas présent au premier tour de la présidentielle. Les verts sont divisés alors que l’écologie reste une préoccupation importante pour les français. Résultat : le Front national a mis sur pied plusieurs collectifs : l’un consacré aux animaux, sujet par nature consensuel, et l’autre plus atypique, à la fois écologiste et pro-nucléaire, donc pro-Fessenheim… Un grand écart que justifie la conseillère régionale FN Sophie Montel : « Les électeurs ont compris que les partis écologistes ont trouvé un créneau et qu’ils le développent. Mais dans le fond, à part vociférer contre le nucléaire… Tant qu’on n’aura pas trouvé un moyen fiable de le remplacer qui permette de produire avec les mêmes coûts, on gardera le nucléaire. Il faut mettre en place les conditions nécessaires pour sécuriser, traiter les déchets. Ça nécessite des fonds, on n’a pas de solution aujourd’hui ».

La dédiabolisation du FN fonctionne-t-elle ?

Aimeric Durox incarne cette nouvelle génération débarrassé des oripeaux qui faisait peur. Nommé professeur principal des Terminales E.S, il estime être devenu cette année un vrai relais d’opinion. Ces collectifs sont peu nombreux mais ils se multiplient et sont très actifs. L’expert Jean-Yves Camus prévient l’effet d’entrainement : « 15 personnes motivées, correctement formées et qui par capillarité diffusent leur message dans leur milieu professionnel, en termes de résultat électoral, de retour sur investissement, c’est non négligeable. Il ne faut pas regarder le nombre d’adhérents mais la part du vote captée. Si dans un village, le FN peut recueillir jusqu’à 35% des voies, c’est bien parce qu’il y a un travail de terrain effectué par des relais d’opinions ». Le phénomène est encore très minoritaire, mais la députée européenne FN Sophie Montel témoigne d’un changement de comportement à son égard. Elle a le sentiment de ne plus être infréquentable comme elle a pu l’être par le passé : « J’ai deux filles scolarisées au collège et je suis ravie de constater qu’un certain nombre d’enseignants se déclarent, viennent me voir. On m’explique qu’il y a quelques années dans les salles des profs c’était hostile quand il y avait des élections. Il y a un changement. »